Les nouveaux papas
Et si on allongeait le congé paternité ? Pour ou contre ? Enjeux et historique.
Les nouveaux papas

Et si on allongeait le congé paternité ? Pour ou contre ? Enjeux et historique.

16 Fév. 2019

Et si bébé connaissait mieux papa ? Ou bien ne serait-ce le contraire, et si papa connaissait mieux bébé ?

Des pères réclament l’allongement du congé paternité, et visiblement le sujet prend de plus en plus d’espace dans les débats publics. Notamment, ces dernières années, les pétitions en sa faveur se sont multipliées. L’une d’elles, lancée en 2017 par un jeune informaticien, réclame son allongement à quatre semaines. Dans ses motivations, Naro Sinarpad avance le bien-être de son enfant et de sa conjointe. Avec justesse, en sus, il souligne, que 11 jours c’est vraiment short ! Bilan : 92178 signataires.

 

Le congé paternel actuellement

En France, les pères bénéficient de deux congés non obligatoires : Un congé de naissance de trois jours ouvrables. Ils se prennent à la naissance et sont indemnisés à 100%. Un congé de « paternité et d’accueil de l’enfant » de 11 jours calendaires consécutifs, ou de 18 jours en cas de naissances multiples. On peut en jouir dans les 4 mois suivant la naissance.

Ces journées sont rétribuées 84 euros/jour par la Sécu, et le reste est à la charge des employeurs.

Depuis l’automne 2018 les pères d’enfants très prématurés bénéficient également d’une extension, mais la loi n’en précise pas la durée. Tous les salarié(e)s peuvent bénéficier de ces journées : qu’ils soient mariés, pacsés, divorcés, séparés, ou homosexuels et donc femmes possiblement. Qu’importe leur contrat, ou leur ancienneté dans leur entreprise.

Et ceux dont l’enfant n’est pas né en France, ou qui n’en ont pas la charge y ont aussi droit.

 

Que sollicitent ces pétitions ? 

Deux points principaux : rendre obligatoire le congé paternité, et son allongement, à 4, 6,10 semaines selon les revendicateurs. En 2018 dans leur pétition, les collectifs PA.F et Congé Parent-Egalité demandent au gouvernement de ne pas enterrer la question, et réclament un congé deuxième parent aligné sur le congé maternité obligatoire. (Le Premier ministre venait de reporter la réforme du congé paternité). 7593 signatures à ce jour.

 

Pourquoi - Répercussions

Tous les partisans de ces mesures assurent qu’elles constituent d’excellents moyens de lutte contre les discriminations hommes/ femmes. Et qu’elles permettent également de rompre avec l’ancien modèle patriarcal. Souvenez-vous, celui où papa préférait les petits mâles, et qui après avoir délaissé couche, bib, rototo, linge, réveil nocturne et tutti quanti commençait à s’en préoccuper lorsqu’ils étaient propres, et de préférence en âge de parler.

 

Car en ce début de 21e siècle, force est de constater que le vieux modèle nous imprègne encore. Et toujours, les femmes s’occupent plus des enfants que leurs conjoints. Cela se ressent dans le foyer, et par ricochet dans leurs relations au monde du travail, et à leur carrière. Exemple : dans le partage des tâches, il est commun que l’homme accompagne l’enfant à l’école le matin, et la femme l’après-midi. Aussi, lorsque la petite est malade, généralement c’est maman qui tient la garde.

 

Les conséquences au travail : D’un côté les employeurs se méfient des femmes, les percevant comme moins fiables et moins investies. Et à l’embauche aux âges « critiques », ou à l’heure des promotions, la différence se fait sentir. D’un autre côté, de nombreuses femmes sacrifient leur carrière, en occupant des temps partiels ou en refusant des promos. Et en bout de course leurs interruptions pèseront sur le montant de leur retraite.

Ces deux mesures permettraient de forcer la main des hommes, en les « encourageant » à participer aux activités

domestiques et familiales.

Ainsi en douceur, ils commenceraient dès la naissance à prendre part à ces tâches, et (peut-être) à s’en accoutumer. Leurs enfants les verraient ainsi agir, et s’en inspireraient dans leur avenir. Un signal fort rejaillirait sur la globalité de notre société. Car entre un gosse qui regarde sa mère tout se farcir, et un mioche dont les parents se divisent le labeur, la différence est énorme ! 

Aussi, cela agirait directement sur les employeurs, et gommerait certaines inégalités professionnelles. Du coup, « l’impact de la maternité sur la carrière des femmes » s’en trouverait limité.

Si les hommes s’occupaient plus de leurs enfants, lors des moments cruciaux l’épée de Damoclès ne planerait plus au-dessus des seules damoiselles. Aussi ils pourraient s’offrir la possibilité d’ajuster leur carrière à leur vie familiale. Sans en pâtir professionnellement, et sans honte. Aujourd’hui, la majorité rechigne à se mouiller vis-à-vis de leurs collègues et supérieurs, et seuls les hommes atypiques agissent ainsi ! 

 

Historique, d’où venons-nous ? 

En 1909 une loi institue le congé maternité de 8 semaines. Mais c’est en 1970 que l’ensemble des salariés en bénéficieront. A la fin de la Seconde Guerre mondiale la protection sociale et le système fiscal ont été érigés en fonction du principe de : spécialisation des rôles des femmes et des hommes.

Dans les années 1970, imprégnées du renouveau féministe, les politiques publiques ont tenté d’accompagner le mouvement d’entrée des femmes dans le monde du travail. Les changements apportés visaient principalement à externaliser une partie des tâches, comme la garde des enfants. Les mesures, dont les allocations, incitaient en fait les femmes à s’assoir sur leur projet professionnel.

En 2002 est votée la première mesure légale (les 14 jours) incitant les pères à participer davantage à la vie familiale.

En 2014 le congé parental est retoqué. Cherchant officiellement à encourager les hommes à prendre leur congé parental, il répondrait davantage à des motivations de restrictions budgétaires que d’égalité, selon d’autres voix.

 

Conclusion : Aujourd’hui avec la multiplication des papas «nouvelle génération », parfois chefs d’entreprises, cette lutte n’est pas terminée, d’autant que leurs adversaires doutent encore des bienfaits d’une telle réforme. Cela dit, l’idée que la présence du père auprès de l’enfant est aussi essentielle (mais différente) que celle de la mère, semble s’ancrer de plus en plus profondément dans nos foyers, et mentalités. 

 

Alors ? 

Pour ou contre le congé paternel obligatoire et allongé ?

 

Katia

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1 commentaire

Par ALEX il y a 1 an
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