Droit de grêve
Interdiction des grèves pour raisons politiques
Droit de grêve

Interdiction des grèves pour raisons politiques

La grève est un mouvement d’arrêt du travail visant à appuyer des revendications. Partie intégrante des négociations, l’issue de ces dernières dépend du rapport de forces présent.

Favorable aux travailleurs, les exigences peuvent atteindre la démesure.

Propice aux gouvernants, pingres sont les accords.

 

Les pilotes d’Air France l’ont expérimenté …

 

Habitués à faire plier leurs supérieurs[1], 1998 marque la fin du mythe de leur invincibilité[2]. Suite à une grève de 9 jours, le SNPL[3] accepte des réductions salariales[4].

Le droit à la grève[5] date de 1864.

Mais, concrètement[6], les grévistes écopaient de peines fluctuantes en fonction des tribunaux : prison, amende, licenciement ou relaxe[7].

 

Il faut attendre 1946[8] [9], pour que le droit s’affermisse : on l’inscrit dans le préambule de la Constitution[10] [11]. Et 1950, pour que la menace de licenciement s’amenuise[12].

Au 19e, la grève était communément perçue comme un acte antisocial, voire antinaturel[13], entravant les lois économiques. 

Ses défenseurs existaient tout de même, conscients de la misère ambiante.

La grève a certainement contribué à faire respecter davantage les ouvriers par les patrons, à prévenir beaucoup d’abus de détail, toutes sortes de modes d’exploitation ou de dégradation. Paul Leroy-Beaulieu[14][15]

Le pouvoir se méfie des rassemblements.

 

En 1539, François 1er (suite à une grève des typographes) interdisait les assemblées[16][17].

Aujourd’hui, encore, le droit à la grève est limité[18]

Certains fonctionnaires en sont exclus[19], et sont prohibés :

  • grèves tournantes,
  • occupations,
  • saccages et blocages des locaux,
  • la grève pour raison politique.

Quelques victoires[20] [21] :

 

Interdiction du travail des enfants, 35 heures, 5 semaines de congés payés, augmentations[22]….

En Alsace, Les travailleurs jouissent d’une réputation en or ! 

1803 à 1870 : essor de l’industrialisation alsacienne[23] , grâce… à ses facteurs humains, réputés : appliqués et laborieux[24].

 

1990, René Uhrich[25], écrit « qu’en Alsace, se trouve le plus bas taux de grève d’Europe. »

 

Malgré tout, des grèves éclatent :

 

Exemples :

1919 : Grève des plombiers Strasbourgeois, obtenant la semaine de 48 heures, contre 55.

 

1933 : Des terrassiers en Moselle, demandent des augmentations : 40 grévistes « congédiés ».

 

Katia 

 

 

Sources :

[1] Exemples : 1971 26 jours[1] d’arrêt, le gouvernement signe l’accord des grévistes. 1993 10 jours de grève[1] font plier les dirigeants.

[2] Cf : « Air France : dans les coulisses d’une entreprise pas comme les autres », F. Bouaziz, Plon 1998.

[3] Syndicat national des pilotes de ligne

[4] Ils ont accepté : 7 ans de gel des salaires, une baisse des salaires en contrepartie d’actions, pour les volontaires, et le remboursement d’une partie de leur formation initiale.

[5] L’origine du mot provient de la place de Grève, rebaptisée place de l’Hotel de Ville (de Paris) en 1803. A ses heures extraordinaires, s’y déroulaient les exécutions publiques. Mais proche de la grève, de la Seine, quotidiennement s’y rejoignaient les journaliers venus trouver un travail. Lorsqu’ils n’étaient pas satisfaits de leur condition de travail, ils restaient sur la place de grève, jusqu’à ce que d’autres conditions leurs soient proposées. On se rendait à la grève, au lieu d’embauche.

[6] les droits d’association et de réunions restant interdits

[7] Pour être plus précis : La Liberté du travail prône, la cessation du travail entraînait une rupture des contrats individuels.

[8] 4e République

[9] « Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent. »

[10] 4e République

[11] « Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent. »

[12] « la grève n’entraîne pas rupture de contrat, sauf faute lourde du salarié. »

[13] Cf : « Syndicalisme et droit de grève » par Bernard Voucheret, dans Cahiers Reconstruction, oct 1957.

[14] idem.

[15] Paul Leroy-Beaulieu, économiste, 1843-1916

[16] de maîtres, compagnons, et serviteurs

[17] Cf : Hérodote.net/histoire_socialesynthese-550.php

[18] Soumis à protocole. Dans la fonction publique, ces derniers sont notamment soumis à un préavis de grève, alors que dans le privé, ce dernier n’est pas obligatoire.

[19] Certains fonctionnaires n’ont pas droit à la grève comme les CRS, les magistrats judiciaires, les militaires, certains de lapénitentiaire , et certains du Ministère de l’intérieur. Certains doivent un service minimum, ex : transports, service hospitalier.

[20] La liste est longue, système de mutualité, santé, réglementation des contrats de travail, licenciement. ..

[21] Revoir l’article sur les cheminots https://pozkafe.fr/article/le-parlement-indifferent-aux-revendications-de-lalsace-lorraine-les-cheminots/

[22] En 1936 de 7 à 15% d’augmentations de salaire.

[23] Filature, métallurgie

[24] cf : « Industrialisation et facteur culturel : le cas de l’Alsace », Michel Hau. Revue géo de l’Est, 1989. Persée.

[25] Dans Annales des Mines, 1990, cité dans l’Alsace du second XXe siècle : la grande mutation industrielle », de Nicolas Stoskopf, et Pierre Vonau. HAL.

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1 commentaire

Par Charles Henri il y a 1 an
ah ah trop drôle faut dire cela aux boss
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